Tuesday, 23 July 2013

"Dans la tête de Charles Swan III" : délire autocentré

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"Dans la tête de Charles Swan III" : délire autocentré
Graphiste renommé, Charles Swann, troisième du nom, collectionne les photos de ses conquêtes, ce qui ne tarde pas à déplaire à sa fiancée, Ivona (ravissante Katheryn Winnick). Elle le quitte et cette rupture agit comme une onde de choc sur l'héritier décadent, à qui tout a toujours réussi. Perdu, il s'adonne alors à des comportements nihilistes, avant de se livrer à une introspection que rattrape son imaginaire débridé. Le Monde.fr a le plaisir de vous offrir la lecture de cet article habituellement réservé aux abonnés du Monde.fr. Profitez de tous les articles réservés du Monde.fr en vous abonnant à partir de 1€ / mois | Découvrez l'édition abonnés Charles Swann est interprété par Charlie Sheen qui s'y connaît bien en matière de parcours chaotique. Star de la série Mon oncle Charlie, il a été viré du show suite à ses frasques alcoolisées, avant de revenir à la télévision en 2012, dans Anger Management qui fait écho au tempérament de feu de l'acteur et signe, par la même occasion, son retour en grâce. Autant dire que Charlie Sheen est parfaitement crédible dans la peau de ce personnage de dandy débauché, à qui sa petite amie inflige une cuisante blessure narcissique. Chapeau vissé sur la tête, lunettes teintées, il trimbale sa dégaine cool dans un film malheureusement aussi confus que son personnage principal. Seconde fiction de Roman Coppola après CQ sorti en 2001, qui avait laissé perplexe quant à ses velléités de réalisation, Dans la tête de Charles Swann III est tout aussi peu abouti que son premier essai. Située dans les années 70 en Californie, la fantaisie (car c'en est une, surlignée à gros traits expressifs) atteint rapidement ses limites. BILL MURAY FAIT ENCORE DES PRODIGES Cumulant reconstitution chromo de l'époque, scénario malingre, réalisation foutraque et scènes ponctuées par des séquences d'animation superflues, inspirées de loin en loin par le travail de Terry Gilliam (le malaise en moins, Roman Coppola ne s'aventurera jamais aussi loin dans la démesure que le génial animateur des Monthy Python), le film patine. Ce n'est pas faute, pour Roman Coppola, d'avoir à sa disposition des comédiens exceptionnels, issus du sérail familial comme Patricia Arquette (ex-femme de son cousin Nicolas Cage) ou Jason Schwartzman (un autre cousin). Sans compter un autre ami de la famille, Bill Murray qui fait encore des prodiges et sauve au moins deux scènes du film, par la grâce de sa mélancolie et de son ironie. Reste encore la scène d'explication entre Charlie et son ex fiancée, qui démarre plutôt poussivement pour s'achever dans une belle émotion. Mais Roman Coppola semble vouloir rejeter le drame à tout prix et préfère finir son film par une mise en abîme où les comédiens, réunis sur une plage, saluent comme sur une scène de théâtre. Cette séquence finale, où les techniciens et le réalisateur apparaissent au détour de l'image, cristallise le problème d'un film autocentré et dont la part délirante ne semble s'adresser qu'à lui-même.




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