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Wednesday, 14 August 2013

Michael Kohlhaas. "J’ai souhaité parvenir à l’épure"

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Michael Kohlhaas. "J’ai souhaité parvenir à l’épure"
Michael Kohlhaas, 2h02, réalisé par Arnaud des Pallières. Présenté à Cannes cette année, ce film époustouflant
 est l’adaptation d’une nouvelle d’Heinrich von Kleist. Entretien avec Arnaud des Pallières, son réalisateur. D’où le désir vous est-il venu de travailler à partir de cette nouvelle d’Heinrich 
von Kleist, écrivain allemand 
du XIXe siècle ? Arnaud des Pallières. C’est un texte que j’ai découvert il y a très longtemps. Sa lecture fut un choc. Je me suis dit alors que j’en ferai quelque chose. J’ai gardé ce texte en moi, avec moi. Je n’ai pu le travailler ciné-matographiquement qu’à partir du moment où j’ai eu une raison intime, personnelle, de le faire. C’est en passant par l’expérimentation d’un grand sentiment d’injustice, habité de cette envie d’aller « jusqu’au bout » que je suis parvenu à me décider. Michael Kohlhaas, marchand de chevaux, vit au XVIe siècle. Un puissant baron va lui arracher tous ses biens, tout ce qu’il aime. Il va se battre à mort. Transporter le récit au cinéma ne s’est pas produit par le biais littéraire. La germanité du texte me posait problème. Tout est devenu limpide dès lors que j’ai admis que les problématiques de Kleist n’étaient pas les miennes. La Réforme protestante s’est produite en Allemagne. J’ai cherché dans l’histoire de France, la géographie, la langue, les moyens d’une transposition. Dans les Cévennes, entre 1510 et 1530, catholiques et protestants coexistaient. J’introduis donc un personnage quasi religieux, qui est à la fois Luther et Calvin mais ne sera jamais nommé. 
Je fais du prince de Kleist la princesse d’Angoulême, sœur de François Ier, assez proche 
des protestants. J’invente à 
Kohlhaas une petite fille, j’appuie son amour pour sa femme. Tout cela donne corps au personnage mais également à une possibilité critique. Il rencontre des obstacles, se confronte aux désaccords de ceux qu’il aime ou estime. Je voulais créer un cadre respectueux mais plausible. Le personnage de Kleist est un héros romantique. Vous l’incarnez dans ses contradictions, son humanité… Cela vous semble plus proche de notre époque ? Arnaud des Pallières. Ce qui m’intéresse dans ce personnage, c’est sa force de conviction mais aussi ses doutes, ses failles. Je le montre moins halluciné, moins dans la folie. Dans le film, il est plus têtu et plus rationnel. Plus proche de moi. Le cinéma que j’aime le mieux est un cinéma matériel. Il ne consiste pas à raconter une histoire au spectateur mais à lui faire vivre une expérience physique. C’est frappant dès les premiers plans. On est comme sidéré par le souffle du paysage, la ligne de crête que parcourent chevaux et cavaliers, au son assourdi des tambours. Comment avez-vous travaillé cette « physicalité » 
du film ? Arnaud des Pallières. Je voulais un film en pierres sèches comme ces maisons des Cévennes. Elles tiennent parce qu’elles sont minutieusement choisies et posées, avec beaucoup d’aspérités. La musique a sa rudesse, notamment celle des percussions mais sa retenue laisse le spectateur libre de ce qu’il ressent. À partir du contexte politique, historique et religieux de Kleist, j’ai conservé le protestantisme de Michael Kohlhaas. Le film en porte l’austérité, une certaine rigueur. Écriture, décors, couleurs, costumes, son, toutes les décisions de mise en scène sont sous le coup de cette rigueur. Les paysages, aussi, la météorologie, car quatre-vingt-dix pour cent du film se déroulent en extérieurs. C’est surtout vrai durant le tournage et plus 
encore au montage, qui a pris un an et demi. Nous étions deux à temps plein. J’ai passé au 
total cinq ans de ma vie à opérer des choix, en tentant toujours de les orienter vers le plus juste, le plus vrai, le plus vivant. Mon travail oscille sans cesse entre documentaire et fiction. Là, je devais réaliser un documentaire au XVIe siècle. Je me suis placé sous influence, me laissant porter par le souffle et l’esprit de la nouvelle de Kleist puisque je ne souhaitais pas m’en tenir à la lettre. Comment donner chair à cette représentation, aux croisements de consciences qui se jouent à l’époque et imprègnent si fortement la nôtre ? Arnaud des Pallières. Il fallait inventer un monde. Rien n’allait de soi, ce qui est un jeu passionnant pour un cinéaste. Héritiers du cartésianisme, nous ne savons pas comment se construisaient les dialogues. Les corps devaient être montrés, car ils étaient alors tellement exposés, aux intempéries, à la maladie… Il n’y avait aucune bravoure dans la violence, seulement massacres et souffrances. Je n’en montre jamais les conséquences charnelles pour ne pas que l’on en jouisse. Question de point de vue. Les intérieurs étaient obscurs. Mais c’est l’extraordinaire talent de Madds Mikkelsen, la relation entre son expression et ce qui l’entoure, qui incarne le mieux ces carrefours d’humanité. Tendresse et terrible exigence, sa victoire sera une défaite, sa défaite une victoire. J’ai dû augmenter la réalité par la traduction sonore de ce que nous vivions sur le tournage et qui ne passe pas forcément à l’écran. L’odeur des chevaux, la dureté du soleil… Sinon tout a été soustraction pour parvenir à l’épure. force politique et révolte. Les paysages des Cévennes et les chevaux ne font pas une chevauchée cévenole ou un western du XVIe siècle. Arnaud des Pallières, depuis son premier long métrage, Drancy avenir en 1996, sur les traces et la mémoire de la déportation des juifs en passant par Adieu, Parc et Poussières d’Amérique, produit un cinéma exigeant où la fiction se veut au service du vrai. Il le redit ici et le combat à mort de Michael Kohlaas pour la justice, sa révolte contre l’oppression, ancrés dans les temps de la Réforme et de la guerre des paysans en Allemagne, quand bien même ils sont ici transposés en France, allient la force politique à la puissance esthétique. Il s’agit bien d’un film majeur, servi 
par des acteurs remarquables de justesse et de tension.



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Monday, 27 May 2013

French lesbian love story wins top prize at Cannes

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French lesbian love story wins top prize at Cannes
(Reuters) - An intimate lesbian love story by French director Abdellatif Kechiche won the top prize in Cannes on Sunday, and the film festival's director immediately urged the large crowds protesting against gay marriage in Paris to go and see it. "La Vie d'Adele - Chapitre 1 & 2" (Blue is the Warmest Colour) was chosen from a field of 20 films exploring sex, violence and emotional anguish which were vying for the Palme d'Or, one of the most coveted film awards after the Oscars. Critics picked the three-hour film as a possible winner at the 66th Cannes festival, but wondered if its explicit lesbian sex scenes - one lasting up to 10 minutes - would deter the jury deciding the awards led by U.S. filmmaker Steven Spielberg. In an unusual move, Spielberg said the award would be shared between Kechiche and his two lead actresses Adele Exarchopoulos and Lea Seydoux as they were central to the film's success. "I think it will get a lot of play ... I think this film carries a very strong message, a very positive message," Spielberg told journalists. "It was the perfect choice between those two actresses and this incredible very sensitive and observant filmmaker." Spielberg said he supported same-sex marriage, but downplayed any suggestion the award was to promote this cause. Festival director Thierry Fremaux said the film was timely, as hundreds of thousands of demonstrators marched in Paris on Sunday to protest France's recent legalization of same-sex marriage. "Everyone who is against same-sex marriage or love between two people of the same sex must see the film," he told Reuters. Kechiche, a Tunisia-born actor who made his directorial debut in 2000, was virtually speechless as he accepted the award, which he dedicated to the youth of France and Tunisia who, during the Arab Spring, "wanted only to live, speak and love freely." "La Vie d'Adele" is an emotional tale of love and sexuality centred on 15-year-old Adele (Exarchopoulos) and her lover Emma (Seydoux) that follows the course of their tumultuous relationship. WORLD'S LARGEST Critics had also considered as a forerunner "Inside Llewyn Davis" about a struggling New York folk singer by the American Coen brothers Ethan and Joel, which was named as runner-up. The third prize went to Japanese director Kore-Eda Hirokazu for the baby-swapping drama "Soshite Chichi Ni Naru" (Like Father, Like Son) while the best director award went to Mexico's Amat Escalante for his brutal look at Mexico's drug war, "Heli". American Bruce Dern, 76, won a best actor award in Alexander Payne's road trip film "Nebraska," beating out Michael Douglas, who was widely praised for his performance as flamboyant pianist Liberace in Steven Soderbergh's "Behind the Candelabra." French actress Berenice Bejo ("The Artist") won the best actress award in Iranian director Asghar Farhadi's tense domestic drama "Le Passe" (The Past). Before the ceremony, stars including Kim Novak and Laetitia Casta signed autographs and posed for photographers on the red carpet in blazing sunshine, a contrast to the festival's opening ceremony on May 15 when umbrellas took over in the rain. The awards ended the 2013 edition of the world's largest film festival, where up to 40,000 film professionals also bought and sold titles on the bustling marketplace hidden away from the glitzy promotional circuit of parties and stunts. (Editing by Mike Collett-White)

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